Au PS, les fidèles de Dominique Strauss-Kahn veulent résister aux appétits de ses anciens rivaux

Publié le par SDJ Cergy

 LE MONDE | 31.08.07 | 10h04  •  Mis à jour le 31.08.07 | 10h06

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26 août 2006 – Sortie de la réunion des sociaux-démocrates, Oratoire de La Rochelle.

n apparence , rien n'a chang é. Le courant de Dominique Strauss-Kahn déborde d'activité. Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris et bras droit de l'ancien ministre, préside l'université d'été du Parti socialiste qui s'est ouverte, vendredi 31 août, à La Rochelle.

Comme chaque année, les partisans de "DSK" devaient se réunir vendredi soir en ville, salle de l'Oratoire. Et ils rendront public un épais "manifeste pour un socialisme nouveau". Rien n'a changé, donc. Sauf que le chef n'est plus là.

Les strauss-kahniens affectent de ne pas s'en formaliser. "L'absence de leader n'est pas sans avantages, assure Jean-Christophe Cambadélis. Cela permet de proposer des textes plus aiguisés sans qu'il soit nécessaire d'arrondir les angles."

La "vente par appartements" du réseau – qui a rassemblé 20 % des voix des militants lors des primaires pour la présidentielle –, sur laquelle tablent des proches de François Hollande, Ségolène Royal ou Bertrand Delanoë, n'est pas à l'ordre du jour.

Après tout, observe un autre proche de M.Strauss-Kahn, Laurent Baumel, le courant baptisé Socialisme et démocratie, "créé en 2000 pour faire la synthèse entre jospiniens et rocardiens, a survécu" à l'effacement de Lionel Jospin.

"C'est un bloc qui se définit par son projet et donc il restera uni", affirme le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon.

Dans l'éventualité, qu'ils jugent probable, où "DSK" renoncerait à ses ambitions nationales s'il accédait à la tête du Fonds monétaire international (FMI), ses amis seraient confrontés à la question du leadership. M. Strauss-Kahn a confié les rênes à M.Cambadélis. Mais ce dernier ne fait pas l'unanimité.

Pierre Moscovici, député du Doubs et ex-ministre délégué aux affaires européennes, pourrait contester son autorité. Le député de Paris avance une solution : "Moi, je ne suis pas candidat à l'investiture présidentielle, "Mosco , lui, a déjà été ministre, il peut très bien le devenir."

Bref, l'un dirigerait le courant, l'autre porterait ses couleurs à l'élection… Pour l'heure, la priorité du courant, fort de la popularité renforcée de "DSK" dans les sondages, est de jouer un rôle de premier plan dans la rénovation du PS et de s'imposer en "bloc incontournable" selon l'expression de M. Huchon. Voire de proposer l'un des siens au poste de premier secrétaire lors du congrès de 2008.

Dans son discours d'ouverture de l'université d'été, M. Cambadélis prône une stratégie d'"ouverture" : "Jugeons les idées et pas les engagements d'hier, devait-il plaider. Une idée n'est pas disqualifiée parce qu'elle est portée ou apportée par quelqu'un qui ne soutenait pas le même candidat."

Aux yeux des strauss-kahniens, "tous les éléphants étant en apesanteur", la possibilité de faire entendre leur voix en faveur d'une social-démocratie assumée est d'autant plus grande.

Enfin, le départ programmé de "DSK", qui s'était trouvé en concurrence avec François Bayrou durant la campagne de Ségolène Royal, pour le poste d'éventuel premier ministre, libère le discours sur le centre.

"Ce que nous avons fait dans les luttes contre la droite avec Besancenot, nous pouvons le faire avec le MoDem dans les élections", souligne M.Cambadélis.

Isabelle Mandraud et Jean-Michel Normand

Publié dans Dépêches - Presse

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