M. Rocard confirme avoir demandé à Mme Royal d'être candidat à sa place

Publié le par SDJ Cergy

DRocard.jpgans un entretien à Paris-Match à paraître jeudi 26 juillet, l'ancien premier ministre Michel Rocard a confirmé avoir demandé à Ségolène Royal de retirer sa candidature à la présidentielle pour prendre sa place, au motif qu'"elle était fichue". Aux journalistes qui l'interrogeaient sur la réalité de ce qui était jusqu'à présent une rumeur, Michel Rocard a répondu : "Bien sûr ! C'était à la veille du blocage des parrainages des maires pour la liste des candidats [en mars 2007]."  Selon M. Rocard, "il n'y avait plus rien à faire, elle était fichue, c'était visible". "Je savais que je restais toujours parmi les cinq ou six socialistes en tête des sondages, ajoute-t-il. C'était une possibilité d'éviter la défaite. Mais il était peu probable qu'elle dise oui."

A en croire le député européen, la candidate lui a répondu que "si elle se désistait, ce serait au profit du premier secrétaire" Françoi s Hollande. "Une sottise", a-t-il ajouté. L'anecdote avait été rapportée dans un livre d'entretiens, avec le journaliste Gérard Leclerc, du député PS Claude Bartolone, paru fin juin (Une élection 'imperdable', éditions de l'Archipel).
 
"JE NE PEUX PAS DIRE QUE LA DÉFAITE AIT ÉTÉ UNE SURPRISE"

Si l'ex-premier ministre de François Mitterrand a dit ne pas vouloir "s'exprimer sur Ségolène Royal", il a glissé que "le charme et l'innovation ne jouent en rien (...) pour aider à la paix au Moyen-Orient ou à la stabilisation du dollar et de l'euro". Il a aussi estimé que si Dominique Strauss-Kahn avait été le candidat socialiste, "au moins, la défaite n'aurait pas été certaine".

Parlant de manière allusive du projet du PS pour la présidentielle et de celui de la candidate, Michel Rocard a déclaré : "Compte tenu de ce que l'on a osé appeler un programme, je ne peux pas dire que la défaite ait été une surprise. Tout candidat appuyé sur un projet insortable aurait subi le même sort." Selon lui, le PS "a produit un discours collectif inconséquent et disparate" car "la gauche française ne s'est toujours pas défaite de son rêve d'économie administrée". "Il faudra des années pour construire une pensée critique de l'économie de marché", a-t-il ajouté.

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